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Transgénérationnel et schémas inconscients

Qu'héritons-nous de nos ancêtres ? Au-delà de la génétique et de l'épigénétique, les mémoires ancestrales et les traumatismes plus ou moins impactant semblent également se transmettre. Il existe de nombreux facteurs expliquant cela : le stress post-traumatique transféré aux enfants pendant les grossesses, les schémas de comportement qui se transmettent par l'éducation parentale et sociétale, les mémoires énergétiques causales, astrales et mentales...  

"LES MÉMOIRES DE NOS ANCÊTRES SONT INSCRITES DANS NOS DESCENDANTS"

Lors du billet de blog Épigénétique et mémoires ancestrales, nous avions recueilli avec Rose, "la voix des enfants, des oubliés et des massacrés", de nombreux témoignages de peuples ayant subi des traumatismes. 

"Nos descendants lutent encore. Les mémoires de nos ancêtres sont inscrites dans nos descendants.

  • Les castes de l'Inde, beaucoup de misère, peuple asservi, traumatismes et morts.
  • L'Australie, population d'esclaves massacrée, décimée.
  • Les Inuits et leurs enfants enlevés.
  • Les créoles, asservis, les coups et les morts dans les plantations, le viol des femmes.
  • Les esclaves qu'on jette par dessus-bord.
  • Les amérindiens qui meurent dans les réserves.
  • Cambodge, Tchétchénie, Syrie, les génocides.
  • Arménie, les têtes coupées, les enfants qu'on jette, les femmes qu'on tue.
  • Les massacres au Tibet.
  • Les Sioux, les Iroquois, les Comanches.
  • L'Afrique.
  • L'Uruguay, l'Amérique du Sud.
  • La Pologne, les camps, les camps, les camps..."

Comment ces mémoires peuvent-elles être transmises aux descendants ? Au-delà de l'énergétique, quelques recherches ont été faites sur les conséquences des traumas sur les populations.

La transmission du syndrome post-traumatique

Des chercheurs se sont intéressé aux traumatismes des peuples autochtones et à la transmission intergénérationnelle, notamment William Aguiar et Regine Halseth pour les peuples indiens du Canada, qui mettent l'accent sur les facteurs psychologiques, biologiques et sociaux de la transmission.

 

Suite à la colonisation du Canada par les Européens, les Autochtones étaient considérés comme des personnes que l’on devait civiliser. Le premier pensionnat est créé en Colombie-Britannique en 1863, mais le régime des pensionnats est officiellement instauré en 1892. Les pensionnats autochtones, pensionnats indiens, ou écoles résidentielles, étaient une forme d'enseignement public en internat destiné aux Autochtones du Canada. Il s'agissait d'institutions destinées à scolariser, évangéliser et assimiler les enfants autochtones. Cette pratique, qui séparait les enfants de leur famille, a été décrite comme le fait de "tuer l'indien dans l'enfant". Bien plus que des écoles, ces pensionnats étaient des "centres d’endoctrinement culturel" selon Murray Sinclair, président de la Commission vérité et réconciliation. Ils se sont répandus avec la création en 1831 du Mohawk Institute, à Brantford (Ontario) et se sont maintenus durant plus d'un siècle et demi, le dernier ayant fermé ses portes en novembre 1996. Au total, 150 000 enfants métis, inuits et membres des Premières Nations ont dû les fréquenter. Entre 3 000 et 6 000 y sont morts.

Cette institution a laissé des séquelles très graves sur les peuples autochtones : "Loin de leur famille et de leur communauté, sept générations d’enfants autochtones ont été privées de leur identité à la suite d’efforts systématiques et concertés visant à anéantir leur culture, leur langue et leur esprit." Ce système a porté atteinte à leur respect de soi et a miné leur capacité à s’occuper des tâches quotidiennes de la vie. Le même système a existé aux États-Unis, où l'on dénombre 360 pensionnats autochtones, avec des conséquences également traumatisantes, mais les efforts des Autochtones pour obtenir la création d'une commission de Vérité et Réconciliation similaire à celle du Canada n'ont pas abouti.

 

"Les pensionnats ont laissé un héritage historique et émotif de sentiments de honte, de perte et de haine de soi à l'origine de dépendances et de nombreux problèmes qui en découlent et auxquels doivent faire face actuellement les communautés autochtones." "Les peuples autochtones se sont vus imposer des changements importants, sociaux, environnementaux, culturels et politiques par les colonisateurs et ont enduré une discrimination largement répandue et des niveaux incroyables de traumatisme et de pertes. Ces conditions ont eu de graves conséquences sur la santé et le bien-être d'un grand nombre d'Autochtones"   William Aguiar et Regine Halseth

Les pensionnats ont créé un traumatisme et des schémas de comportement chez ces enfants qui se sont répétés sur cinq générations. La transmission du syndrome post-traumatique se fait :

  • au niveau psychologique
    • la gestation et l'environnement émotionnel et affectif pendant la petite enfance ont un impact sur le développement du cerveau,
    • le lien à la mère dont ils sont privé augmente le stress du nourrisson et de l'enfant,
    • sans un cadre sécurisant et stimulant, le cerveau est affecté dès la gestation ainsi que les connections neuronales tout au long de la vie,
  • au niveau biologique
    • ces caractéristiques de retard de développement du cerveau peuvent ensuite être transmises par la génétique et l'épigénétique,
    • le système nerveux et le système endocrinien sont perturbés, contribuant à maintenir le stress et l'anxiété chronique, le développement de maladies psychiatriques ou de retards cognitifs,
  • au niveau social
    • les structures et communautés dans lesquelles vivent les autochtones contribuent à maintenir les croyances déjà présentes dans les familles.

 Cynthia C. Wesley-Esquimaux et Magdalena Smolewski s'intéressent, quant à elles, aux populations indigènes des Amériques et de la présence du syndrome de stress post-traumatique complexe ou endémique au sein de la culture autochtone, syndrome qui est le résultat direct de la transmission du traumatisme historique à caractère génocidaire. Elles proposent de mettre à contribution l’histoire, l’anthropologie, la psychologie, la psychiatrie, la sociologie et la science politique, afin d’éclairer le modèle de transmission du traumatisme historique dans diverses populations ayant subit un traumatisme.

 

"Les peuples autochtones d’Amérique du Nord ne sont pas seuls dans les annales de l’injustice historique. Parmi les exemples frappants, il y a les relocalisations forcées des peuples indigènes de l’Afrique du Sud, l’esclavage sur le continent africain et les générations volées de peuple indigène en Australie. Parmi les exemples terrifiants de tendances oppressives dans d’autres contextes historiques, notons l’Holocauste juif et l’internement des ressortissants japonais au Canada."

 

Elles font aussi référence à d'autres ouvrages concernant l'Holocauste et à la transmission du stress post-traumatique. 

"Ce processus a été qualifié de transgénérationnel (Felsen, 1998), intergénérationnel (Sigal et Weinfeld, 1985), multigénérationnel (Danieli, 1985) ou de transmission générationnelle croisée (Lowin, 1995). " "Le mécanisme des effets de la deuxième génération est vu comme un mécanisme extrêmement complexe au cours duquel le traumatisme cumulatif que représente la communication parentale, les aspects de la relation parent-enfant déterminés par le contexte de l’Holocauste et l’imagerie historique fournie par le parent et par d’autres processus culturels sont modifiés par l’interaction avec les conflits liés au développement normatif, la dynamique familiale indépendante de l’Holocauste, les variables que représente la classe sociale, la culture, l’héritage juif et le statut d’immigrant."

 

Les certitudes et comportements liés à la transmission du stress post-traumatique sont multiples, on peut citer notamment :

  • l'impuissance acquise : peu importe ce que l'on fait, la personne n'a aucun pouvoir pour changer les événements extérieurs, que cela soit maintenant ou dans le futur, 
  • ce qui provoque une perte de la souveraineté individuelle : tout est vécu comme étant subit et venant de l'extérieur.

énergétique et transmission des traumatismes

Les traumatismes et schémas de comportement peuvent se transmettre de différentes façons :

  • par les informations karmiques ou transgénérationnelles du corps causal
  • par les schémas de comportement réactivés ou transmis du corps mental
  • ce qui crée ensuite des peurs et sentiments perturbés respectivement au niveau du corps émotionnel et du corps astral

Énergétiquement, croyances ou certitudes se manifestent de la même manière, comme de l’énergie cristallisée, appelées également mémoires, et qui sont autant de filtres de perception qui modifient notre comportement, influencent nos douleurs physiques, perturbent notre émotionnel. Ces mémoires énergétiques conditionnent, rien que part leur présence, la façon dont une personne va vivre une situation et créent des schémas de pensée et de comportement inconscients. Ces mémoires sont réactivées par l'éducation et les mécanismes de construction de l'enfant.

 

Au niveau causal

Les samskaras dans la védanta, école de philosophie ancestrale indienne, sont les héritages karmiques de schémas mentaux et émotionnels, qui font partie de notre conditionnement. Ce sont les informations énergétiques résiduelles qui sont à l’origine de ce qui se manifeste dans notre inconscient. Autrement dit, nos croyances et certitudes font que l’on ne voit pas la réalité telle qu’elle est, mais telle qu’elle est perçu par nos filtres.  Traditionnellement, en énergétique, les informations karmiques et transgénérationnelles se situent dans le corps causal et se transforment en croyances dans le corps mental au cours de l'incarnation. L’énergétique rejoint la philosophie védantique : des informations contenues à l’état subtil se manifestent dans le mental sous la forme de croyances. 

Ces informations sont soit issues de vies antérieures (karma) soit héritées de nos ancêtres (transgénérationnel). Dans la majorité des cas, les traumatismes et croyances associées sont en résonance : les thématiques vécues dans les vies antérieures se retrouvent aussi dans notre arbre généalogique.

 

Au niveau mental

Tout schéma de comportement inconscient prend naissance suite à un choc violent, une peur forte ou un manque qui s'inscrit au niveau du cerveau limbique, partie du cerveau qui gère les émotions. Le cerveau reptilien, qui gère la survie, l’analyse alors comme un danger de mort et met une ou des stratégies en place afin que cette situation ne se reproduise plus. Ces stratégies sont les schémas de comportement inconscients. Une fois le schéma mis en place, une croyance associée prend naissance avec le néo-cortex, qui gère le raisonnement et l'apprentissage. Les événements que nous vivons sont ensuite des répétitions de situations vaguement similaires qui renforcent les croyances et les transforment en certitudes. Ces certitudes se cristallisent énergétiquement dans le corps mental.

 

Dans la petite enfance, l'individu se construit en fonction des schémas de comportement de ses parents et éducateurs ainsi que les croyances et certitudes renvoyées par la société. Pour se construire correctement, il a besoin que ces huit besoins fondamentaux soient nourris :  besoins physiologiques, de sécurité, d'estime, de relationnel (amour majoritairement), d'autonomie, de sens, d'harmonie ou de stimulation.

Dans le cas de nos populations autochtones, qu'elles soient passées par les internats, vécu le traumatisme ou qu'elles soient leurs descendants, il est flagrant que la plupart de ces huit besoins n'ont pas été satisfaits.

 

Les conséquences 

Lorsque des mémoires se trouvant dans le corps causal se manifestent dans les corps de dimensions inférieures (astral, mental, émotionnel, éthérique), cela a pour conséquence d'impacter directement l'incarnation actuelle. Prenons l'exemple du traumatisme inconscient de la Shoa inscrit dans le corps causal, que cela soit dû à au transgénérationnel ou à une vie antérieure, cela pourrait se manifester, par exemple :

 

  • dans le corps astral, par une hypersensibilité, sans raison apparente, aux documentaires sur la Seconde Guerre mondiale en donnant la sensation de réagir comme si on le vivait directement ;
  • dans le corps mental, cela pourrait se traduire par des croyances et certitudes telles que "tout le monde m'en veut", ou l'impuissance acquise et la perte de souveraineté individuelle, mais aussi, dans le cas de schémas d'opposition par "j'ai tous les droits", ou une tendance à la prise de pouvoir sur l'autre ;
  • dans le corps émotionnel, on trouverait des peurs irraisonnée, comme de la claustrophobie, des tocs avec la peur de laisser le gaz allumé ou encore une insécurité permanente, une angoisse résiduelle venant de nul part ;
  • enfin dans le corps éthérique, des énergies qui circulent mal dans certains organes, glandes ou structures : chakra sacré ayant des difficultés, poumons encombrés et sensation d'étouffement, foie contenant colère et revanche.

La façon dont une mémoire causale s'exprime dans les corps inférieurs peut être très différente d'une personne à l'autre et dépend des autres mémoires et expériences de vie, ce qui rejoint les constatations des études sur la transmission du syndrome post-traumatique. Cynthia C. Wesley-Esquimaux et Magdalena Smolewski donnent en annexe une liste complète des modifications du comportement liées au syndrome de stress post-traumatique complexe très intéressante. William Aguiar et Regine Halseth concluent que seule une approche holistique peut permettre de briser la transmission du traumatisme. 

"Compte tenu de la complexité du traumatisme historique pour les peuples autochtones, et si on veut briser le mécanisme de la transmission intergénérationnelle du traumatisme, il est clair qu'il faudra recourir à des approches holistiques et multi-facettes permettant d'améliorer la santé et le bien-être des Autochtones. [...] Par conséquent, il faudra mettre en œuvre des approches visant non seulement à traiter les symptômes de ce traumatisme mais aussi sa guérison et la reconstruction au niveau individuel, des familles et des communautés afin de briser la transmission intergénérationnelle du traumatisme."


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ÉCRIT PAR :

AURIGAE - Claire Le Baron

 

Formatrice, conférencière et auteur, j'ai changé de carrière en 2015 pour devenir thérapeute énergétique à plein temps.  A l'origine ingénieur de recherche spécialisée dans la modélisation des ondes et le vibratoire, je fais à présent des ponts entre les sciences et ma compréhension de l'énergétique.

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Commentaires: 1
  • #1

    Ashtar (samedi, 26 mars 2022 13:08)

    C'était un pauvre gars qui s'appelait Armand ,il avait pas de papa pas de maman.....Thank you !